Avec le temps, certaines pratiques deviennent faciles à repérer.
Le “business du fake” en fait partie. Ce n’est pas un concept abstrait, ni un jugement moral. C’est une réalité très concrète que j’observe régulièrement sur le terrain.
Vendre du rêve plutôt que du réel
Quand je parle de “business du fake”, je parle d’offres commerciales agressives qui misent sur l’utopie ou le découragement du client. Des promesses de résultats chiffrés, parfois très précis, avancées sans même connaître l’entreprise, son marché ou son environnement concurrentiel.
On promet un pourcentage d’augmentation de chiffre d’affaires, une croissance rapide, une performance quasi automatique. Le discours est souvent très technique, volontairement complexe, pour masquer l’absence de fond réel. La technique devient un écran de fumée.
C’est exactement l’inverse de mon principe de base : transparence et réalisme.
Aucun résultat sérieux ne peut être annoncé sans comprendre le contexte, les contraintes et les efforts nécessaires.
Pourquoi ce type de discours fonctionne si bien
Si ces pratiques se développent autant, ce n’est pas un hasard. Les dirigeants sont aujourd’hui submergés d’informations, sollicités en permanence, et sous pression pour obtenir des résultats rapides.
Dans ce contexte, les solutions qui promettent des raccourcis séduisent. Le “fake” est plus facile à vendre sur le moment parce qu’il flatte une envie compréhensible : échapper à la complexité, au temps long, au travail réel… et à son coût.
C’est une forme de croyance confortable. On sait rationnellement que c’est trop beau pour être vrai, mais on a envie d’y croire. Un peu comme croire au Père Noël, même adulte, quand la fatigue et la pression prennent le dessus.
Un impact qui dépasse largement le client concerné
Le problème, c’est que ce “business du fake” ne fait pas du mal uniquement au client qui y a cru. Il abîme l’ensemble du marché.
Il pénalise d’abord les entreprises honnêtes et transparentes, celles qui prennent le temps d’expliquer, de cadrer, de poser les limites. Surtout, il installe une méfiance durable. Un client qui a été déçu par des promesses irréalistes devient ensuite beaucoup plus méfiant, y compris face à des offres sérieuses et cohérentes.
La confiance devient plus longue à construire, plus fragile.
Et c’est tout un écosystème qui en paie le prix. À terme, c’est la crédibilité même des métiers qui est touchée.
La responsabilité des dirigeants
Face à cela, le rôle des dirigeants est clair. Il repose sur deux piliers : l’éducation et l’exemplarité.
Être plus rationnel. Plus neutre.
Privilégier les discours qui parlent de processus, de réalité des coûts, de contraintes, de durée. Accepter que les résultats solides demandent du travail, des moyens et du temps.
Cesser de chercher des résultats miracles sans effort.
À un moment donné, il faut accepter une réalité simple : les raccourcis durables n’existent pas.
Arrêter de croire au Père Noël n’est pas une perte d’enthousiasme.
C’est souvent le premier pas vers des décisions plus saines, plus responsables et plus durables.






